TARABUSTE Éditions
GLYPHES

[Imagerie] * D’abord fidélité au papier… où se creusent dans la mémoire la plus vive les sillons modernes d’un alphabet humain ; magique imagerie pour errances sans âge.

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NILS-UDO / Françoise CLEDAT - Diptyques

NILS-UDO / Françoise CLEDAT - Diptyques 500.0 EUR

2026 /Texte de Françoise Clédat et Photographies de Nils-Udo / L’édition est insérée dans un coffret au format de 32x32cm. / Ornée d’une photographie originale, tirée sur Infinity au format de 30x30 cm, [ROSEAUX, Méditerranée, France, 1973] signée par l’artiste. / Façonnée & imprimée dans les ateliers de l’éditeur à Saint-Benoît du Sault en janvier 2026 / Cette édition bénéfice d'un tirage limité à 50 exemplaires tous signés par les auteurs.

 

Prix de souscription de 500 € l'unité (au lieu de 650 € à partir du 25 mars 2026).

 

Au commencement une porte qui s’ouvre ; celle qui à la fin des années soixante voit les artistes sortir de leur atelier, non plus pour peindre sur le motif, munis de leur attirail et matériel spécifiques — chevalets, pinceaux, tubes de peinture —, et ensuite ramener l’œuvre à son traditionnel circuit de monstration et de diffusion ; mais pour faire de l’extension généralisée du « motif » à « la nature » tout à la fois le lieu, le matériau et le support de l’œuvre.
Land art, et autres Earthworks, telle est la lignée. Une appartenance vis à vis de laquelle NILS-UDO entend marquer la singularité du processus qui, de la conception à la réalisation, préside à ses propres interventions et installations in situ.
Au remodelage grandiose du paysage par les premiers artistes du land art, il oppose le « geste non destructeur » de « l’arrangement ». Il précise : « Il n'y a aucun concept préconçu. Je réagis à la topographie d'un lieu, à la lumière, au climat, aux matériaux. Ces données me guident (…) Je les utilise comme elles sont (…) ».
Si pour lui à l’instar des autres artistes de ce courant la pratique de la « promenade », de la marche, est le moyen premier, immédiat, de connexion avec la nature, l’absence de « concept préconçu » a pour corollaire une attention (une ouverture) sans entrave d’où va naitre la nécessité : « Mon regard peut se poser n'importe où dans la nature. Partout où je regarde, je pourrais entreprendre un travail. »
Le passage à l’effectuation se fait par réaction (« je réagis ») à une potentialité des éléments naturels—forme et substance—que le regard flottant détecte et qui prend alors la force d’une intimation : « Il fallait que je le fasse. La feuille me conjurait de le faire ».
Voire d’une révélation : « J’eus une vision fulgurante ».
À partir de l’œuvre initiale, les modalités de sa mise en vue et de sa transmission — techniques, supports, formats —, autrement, ailleurs, la prolongent, la signifient.
Nous ne sommes plus physiquement, ici et maintenant, dans la nature. Nous ne faisons pas l’expérience directe de l’œuvre telle que son surgissement l’y a installée et où elle continue d’évoluer. Nous nous promenons à l’intérieur d’un livre.
Notre regard se pose sur des photographies qui, certes, documentent l’œuvre in situ dont elles pérennisent un état transitoire, mais plus encore — cadrage, choix du point de vue, de la lumière —, en sont au sens électif, une « vision ». Et par là œuvre d’une œuvre, à part entière.
À ces photographies, librement, dans leur ordre d’apparition, page après page comme pas après pas sur le modèle de la « promenade » ci-dessus instituée, à mon tour je réagis. Ce que mon regard capte ou ne capte pas, trame de temps et d’histoire, traîne d’invisibilité, ceint et accompagne une prégnante visibilité.
Les photographies se présentent sous forme de diptyques.
C’est ainsi que je les regarde, dans leur opposition interne et dans leur enchaînement...
FRANÇOISE CLÉDAT