[Art] * Ne faut-il pas pour apprivoiser une œuvre, tant elle se terre hors-logos, se comporter avec elle, ainsi qu'on le fait avec un animal farouche, c'est-à-dire par approches successives et sans les errements critiques uniquement destinés à nous conforter dans nos croyances les plus anciennement ancrées.
10.0 EUR
2026, 21 p. (format leporello sous couverture) / ISBN 978-2-84587-478-7 / Texte de Djamel Meskache / 4 photographes pour un bicentenaire : Nils-Udo, Rajak Ohanian, Bernard Plossu et Jacqueline Salmon.
Si la photographie s’est imposée si rapidement au XXe siècle, c’est parce qu’elle a su capturer le réel, documenter l’histoire, influencer la culture, tout en devenant un outil de démocratisation de l’expression personnelle, voire artistique. Elle a redéfini notre rapport à l’image, au temps, à la mémoire — et ce, dans toutes les sphères de la société. C’était pourtant bien mal parti : à ses débuts on y avait surtout vu un procédé mécanique rendant possible l’accession petite-bourgeoise, au portrait peint - lieu privilégié de la mémoire d’un autrefois aristocratique. Déplaçant seulement la peinture de chevalet de l’ancien régime vers les studios des daguerréotypistes de tout poil.
Puis vint le moment de descendre dans la rue : un secret espoir pour de nombreux amateurs qui s’en saisissent dès le début du 20e siècle ; les avancées techniques (comme le Kodak portable, le film argentique, le légendaire Leica puis l’appareil numérique en fin de siècle qui rendent la photo plus facile à produire, moins coûteuse, et plus rapide. Un art moyen dira Pierre Bourdieu, avant que cet instrument puissant de représentation du réel, progressivement, ne rencontre totalement sa légitimation grâce à de nombreux artistes qui s’en saisissent et imposent cet outil mécanique comme ART à part entière. D.M.
NILS-UDO, avant d’être l’artiste qui travaille avec la Nature, représentera dans notre exposition l'approche photographique naturaliste et plastique du paysage ; artiste et photographe allemand principalement reconnu pour cette façon unique de mêler art, nature et photographie. Au-delà de l'aspect visuel, l'œuvre de Nils-Udo est également une réflexion sur la relation entre l'humain et son environnement. Dans un contexte où la question de la préservation de la nature devient de plus en plus cruciale, ses photographies et ses installations incitent à repenser nos modes de vie, en cherchant un équilibre entre la création humaine et les forces naturelles. Sa démarche est profondément écologique, plaçant la nature au centre de son œuvre. À travers ses photographies, il invite les spectateurs à une réflexion profonde sur notre rapport à la nature, la beauté et la fragilité du monde.
Rajak OHANIAN, l’humanisme et l’histoire. Reconnu pour son travail qui explore des thèmes liés à l'identité, à la mémoire et à la culture. Il est souvent associé à un style de photographie qui cherche à transmettre des récits personnels et émotionnels. Ce photographe à la discrétion légendaire a su se faire une place en tant qu'artiste explorant des sujets intimes et puissants. Sa manière de traiter la lumière et la composition lui permet de créer des images qui racontent des histoires profondes et évocatrices, souvent en lien sociologique avec des thèmes tels que la migration, la résilience et la diversité culturelle.
Bernard PLOSSU, photographe à la renommée internationale, est aussi ce photographe voyageur connu pour son évocation personnelle du réel, du paysage et de l'architecture. A l’instar d’un Robert Frank, Bernard Plossu cherche à capturer l'invisible, l'intime et l'éphémère, quitte à s’éloigner du cadre traditionnel du reportage photographique pour susciter des images d’une rare poésie. Son travail se distingue par une esthétique unique, sa capacité à capter l'instant, avec une approche souvent intuitive et spontanée avec une attention particulière aux scènes ordinaires… Il nous donne ici à admirer quelques-uns des portraits américains rencontrés sur la route 66. Fortement marqué d’errance, cet ensemble d’images, que bonifie le passage du temps, est teinté d’un romantisme mélancolique, d’une modernité inattendue, instinctive et extraordinairement sensible…
Jacqueline SALMON avec ses perceptions fortement teintées d’autofiction, traduction d’un onirisme proche du geste pictural ; son travail la classe facilement dans une catégorie d’anthropologie photographique ; elle est aussi connue pour ses travaux d’exploration des thématiques de la mémoire, de l'intime et de la représentation des corps. Elle s'intéresse également et depuis toujours aux relations entre les humains et particulièrement aux liens familiaux, l'intimité et la perception de soi. Sa recherche questionne la manière dont les individus et les communautés se perçoivent, se construisent et interagissent avec leur environnement. Jacqueline Salmon a souvent travaillé sur la question de l’histoire et sur la manière dont elle est racontée et archivée. Sa réflexion se nourrit des archives visuelles d’objets du quotidien qu’elle réinterprète pour donner une nouvelle lecture de ces fragments du passé.